La proposition artistique est de revaloriser le site de la passerelle Saint-Aubain. Lieu de passage très fréquenté qui relie un quartier résidentiel des faubourgs (Salzinnes) au centre-ville de Namur (plus précisément le quartier « Cathédrale » et universitaire).
L’expérience de cette passerelle se vit actuellement comme un passage à gravir. L’intervention tente de renverser cette sensation par quelque chose de plus léger, par un saut au-dessus du vide plutôt qu’un obstacle à franchir.
L’idée du projet est d’exploiter le tablier de la passerelle qui est de proportion large par rapport à l’ouvrage d’art, comme socle d’appui et de départ pour une œuvre souple, élancée, qui vient comme contre carrer la masse de béton et dès lors alléger cet ouvrage.
Ce geste s’inscrit également dans une dynamique d’embellissement de la ville de Namur et de sa périphérie. Il s’agit de prendre soin d’un lieu et d’un bâti qui sont en apparence plutôt laissés à eux-mêmes. Fleurir un mastodonte de béton par une silhouette de dentelle comme suspendue, flottante.
Le Nageur, une œuvre qui touche tout un chacun, qui interpelle, qui relie, qui berce, qui donne envie.
Une silhouette mi-poisson mi-humaine, faite de filaments de métal, comme suspendue dans l’espace et dans le temps.
Une œuvre qui met en vibration son environnement alentour, qui remanie l’urbain pour toucher l’humain. Une œuvre qui s’inscrit au croisement d’un flux cyclo-pédestre, fluvial et aérien entre deux quartiers. Elle vient s’offrir aux habitants et passants, aux bateliers, aux mouettes, cormorans et autres merveilles ailées. Elle fait le lien, elle-même faite de liens.
Une œuvre qui met en valeur son hôte, la passerelle Saint-Aubain, promontoire inespéré, la traverse comme pour la transformer.
| client | Dans le cadre de l’appel à projet Namosa 2023. Propriété : Service public de Wallonie – Les voix hydrauliques |
| projet | Appel à projet | Art Public | œuvre monumentale |
| lieu | Passerelle Saint-Aubain à Namur |
| matière | Acier thermolaqué |
| année | 2024 – 2026 |
| dimensions | Longueur de 14.5m |
| collaborations | Projet remporté avec la participation de Nicolas Durdu, graphiste et amoureux de l’art Projet réalisé en collaboration avec l’artiste interdisciplinaire Antoine Dutrieu |
| budget | Crowdgiving prévu pour mars 2026 |
La proposition artistique est de revaloriser le site de la passerelle Saint-Aubain et donc son quartier alentour.
L’œuvre artistique contemporaine proposée est visible de tous.
Elle est au cœur de l’espace public, d’un passage directement fréquenté par des piétons et cyclistes et appréciable depuis la route, le hallage et l’eau pour les bateliers.
L’œuvre vient mettre du lien entre deux quartiers, entre l’urbain et l’humain.
Elle amène le passant à porter un nouveau regard sur son environnement, le projet apporte du beau et du sensible dans la ville.
Et depuis peu c’est aussi le cœur du marché du samedi !

𝐅𝐢𝐧 𝟐𝟎𝟐𝟑, mon ami Nicolas au téléphone : « Ça te dirait de participer à l’appel à 𝐩𝐫𝐨𝐣𝐞𝐭 𝐍𝐚𝐦𝐨𝐬𝐚 ? » On se donne rendez-vous, on se balade autour de la corbeille, cette « petite ceinture » namuroise, entre cours d’eau et voies ferrées… un lieu en particulier retient notre attention : 𝐥𝐚 𝐩𝐚𝐬𝐬𝐞𝐫𝐞𝐥𝐥𝐞 𝐒𝐚𝐢𝐧𝐭-𝐀𝐮𝐛𝐚𝐢𝐧 !
𝐅𝐢𝐧 𝟐𝟎𝟐𝟓, je rencontre Antoine Dutrieu, artiste interdisciplinaire qui se lance dans la sculpture monumentale. Antoine m’accompagne dorénavant dans cette nouvelle phase de recherche de fonds et de réalisation !

Les matériaux utilisés sont des tubes et ronds pleins en acier. Ils sont cintrés/torsadés afin d’épouser une forme ergonomique et organique puis assemblés par soudage suivant un gabarit et mouvement souhaité. La sculpture ainsi créée est d’abord l’expression d’un élan, d’un mouvement plutôt qu’une silhouette parfaite. Elle se compose de deux tronçons (amont et aval), qui d’un point de vue structurel, forment une structure tridimensionnelle de type treillis résistante et rigide.

L’œuvre est entièrement peinte (thermolaquage) dans les tons ocres avec une éventuelle « veine » dans les tons rouges/bordeaux.
La recherche formelle, la conception, la réalisation de l’œuvre se font dans les ateliers norska à Coutisse.
La mise en peinture est réalisée par une entreprise spécialisée.
L’œuvre est alors acheminée et montée in situ.
L’assemblage de l’œuvre au pont sera conçu comme démontable pour tout éventuel entretien important du pont.
La passerelle nous fait remonter dans le temps au travers d’un article retrouvé lors de la phase concours autour des recherches sur le lieu…

Les brins sinueux en acier de l’œuvre deviennent par l’occasion comme un clin d’œil, ou faudrait-il dire un hommage, à cette passerelle métallique suspendue faite de barres, câbles et profilés en acier qui traversaient donc la Sambre à l’emplacement actuel à l’entre-deux-guerres…
Une passerelle de 1906 détruite durant la 1ère guerre, puis reconstruite très rapidement… mais cette nouvelle structure sera à nouveau détruite durant la seconde guerre ! … et enfin celle que l’on connait à ce jour.
Visiblement la volonté et nécessité de relier Salzinne à Namur a toujours été bien là !